La jeunesse et le réchauffement climatique : entre anxiété et volonté d’agir

Canicules, sécheresses, inondations, fonte des glaces, tempêtes, pénuries d’eau, famines… tous des symptômes d’une planète malade. Que font les gouvernements ? les membres du G20 ? les Etats-Unis ou la Chine ? Ils organisent des COP (1), des grandes conférences sur le climat qui chaque année aboutissent à des promesses mais sans réel engagement des pays pollueurs. Ils déplorent les résultats des rapports du GIEC (2) mais la politique environnementale est généralement reléguée au second plan dans l’ordre des priorités nationales. Par conséquent, face à l’inaction du pouvoir politique, la jeunesse se mobilise. En effet, particulièrement consciente du changement climatique, elle souhaite se battre pour s’assurer un avenir sur une planète en train de mourir.

 

Mercredi 22 février, le ministre de la Transition écologique et de la Cohésion des territoires Christophe Béchu annonçait l’éventualité de la mise en place d’une restriction d’eau dès le mois de mars, date record pour de telles mesures. « C’est l’hiver le plus sec depuis 1959 » déplore le ministre. Or, tandis que la France connaît une sécheresse anticipée, de l’autre côté de l’Atlantique, les Etats Unis subissent une nouvelle tempête de neige qui a bloqué l’ouest et le nord du pays le 22 février. Même date, deux Etats différents, deux symptômes du changement climatique qui menace la planète et les sociétés humaines.

Ainsi, les effets du réchauffement climatique sont de plus en plus visibles et il est nécessaire aujourd’hui de changer notre façon de produire et de consommer, notre système économique se révélant insoutenable pour l’environnement. La situation est urgente. En effet, alors que l’accord de Paris sur le climat posait comme objectif de limiter le réchauffement climatique à +1,5°C par rapport aux niveaux pré-industriels (1850-1900) d’ici 2100, la hausse mondiale des températures en 2022 s’élève déjà à 1,2°C. Selon le scénario intermédiaire du GIEC (SSP2-4.5), la hausse des températures atteindra les + 2,7°C d’ici la fin du siècle et, si l’on ne diminue pas notre consommation d’énergies fossiles, cette hausse pourrait atteindre les 4,4°C en 2100 (scénario SSP5-8.5). Ces réchauffements entraîneront des conséquences catastrophiques en rendant des régions entières de la planète inhabitables entraînant des déplacements de populations phénoménaux et incontrôlables.

Ce rapport du GIEC publié en 2021 aide à la prise de conscience de l’enjeu climatique. Cependant, cette prise de conscience est inégale et impacte en particulier une partie de la population : les plus jeunes, entre 15 et 30 ans qui, face à l’inaction des gouvernements, s’organisent de plus en plus afin de porter dans l’espace public le sujet de l’urgence climatique. Cet article a ainsi pour objectif d’aborder le rôle de la jeunesse dans la lutte contre le réchauffement climatique.

Une conscience écologique chez les jeunes

En 2019, en France, selon une étude réalisée par le Crédoc, 32 % des jeunes de 18-30 ans sont préoccupés par l’environnement, loin devant les problèmes d’immigrations (19 %) et de chômage (17 %). Cette conscience accrue chez les jeunes des enjeux du changement climatique a plusieurs sources. Tout d’abord, comme nous l’avons vu précédemment, la multiplication des catastrophes climatiques montre que le réchauffement climatique n’est pas un concept abstrait qui impactera les générations futures mais bien un problème actuel dont les conséquences sont déjà visibles.

 

« La mer engloutit des villages, empiète sur les rivages, flétrit les récoltes. Devoir aller vivre ailleurs (…), les pleurs pour les proches qui meurent de faim et de soif. C’est catastrophique. C’est triste, mais c’est ce qui arrive. » Timoci, 14 ans, Fidji.

Cependant, cet élément n’explique pas pourquoi les jeunes semblent plus conscients que le reste de la population. D’autres éléments doivent donc être pris en compte, notamment le fait que la jeunesse s’est construite dans un contexte de sensibilisation aux enjeux climatiques. En effet, dès l’école primaire, les enfants apprennent à trier les déchets et sont, tout au long de leur scolarité, sensibilisés au développement durable, au recyclage ou encore à l’augmentation des émissions de gaz à effets de serre lors du siècle dernier. Cette sensibilisation s’ajoute aujourd’hui à la vision d’un monde en détresse où les perspectives d’avenir semblent de plus en plus réduites.

Ainsi, les plus jeunes n’hésitent plus à s’engager au sein d’associations dans leurs lycées ou universités ou encore comme manifestants lors des marches pour le climat. Leur revendication est simple : avoir le droit à un avenir, avoir le droit à une planète viable pour leur génération et pour les générations suivantes.

 

« Nous sommes la dernière génération qui peut mettre fin aux changements climatiques. Nous pouvons le faire et nous le ferons. » Khishigjargal, 24 ans, Mongolie.

En effet, selon l’enquête de The Lancet Planetary Health, 40% des jeunes disent renoncer à avoir des enfants par peur du dérèglement climatique. Cependant, ces jeunes ne restent pas inactifs et dénoncent le comportement de leurs ainés responsables du changement climatique et qui selon eux n’agissent pas pour le stopper.

Une écoanxieté ?

Pourtant, cette prise de conscience accrue chez les jeunes des conséquences du réchauffement climatique se manifeste souvent par des émotions négatives telles que la peur, la tristesse, la colère, l’impuissance ou encore la culpabilité. C’est ce que l’on appelle l’ « écoanxiété » ou aussi « dépression verte » c’est-à-dire une anxiété liée à la menace climatique et aux conséquences qu’elle va entrainer. Les jeunes ont en effet le sentiment de n’avoir plus d’avenir et que personne n’agit face au réchauffement climatique. Selon la pédopsychiatre Laelia Benoit, l’écoanxiété n’est pas une maladie. Ce trouble appelle plutôt à une « réponse sociale ».

« Ce n’est pas une nouvelle forme de dépression, et elle n’appelle pas un traitement médical : l’écoanxiété appelle une réponse sociale. De plus en plus de jeunes vont souffrir d’écoanxiété. Mais ne nous trompons pas de problème : c’est leur solitude face à une société qui ignore le changement climatique qui les fait souffrir. »

 

Une étude scientifique, publiée le 14 septembre 2021 dans la revue The Lancet Planetary Health (3), indique les chiffres suivants :

  • 56 % des jeunes considèrent que l’humanité est condamnée.

  • 55 % jugent qu’ils auront moins d’opportunités que leurs aînés.

  • 52 % pensent que la sécurité de leur famille « sera menacée ».

  • 39 % hésitent à avoir des enfants.

  • 65 % jugent que les gouvernements « laissent tomber les jeunes ».

Par conséquent, cette étude illustre le sentiment d’urgence climatique ressentie par les jeunes du monde entier qui se sentent souvent démunis face à l’ampleur du défi climatique et face à l’absence de soutien des personnes au pouvoir.

« Nous soutenons que l’échec des gouvernements à réduire, prévenir ou atténuer le changement climatique contribue à une détresse psychologique, à un préjudice moral et à de l’injustice » les auteurs de l’étude, C. Hickman, E. Marks, P. Pihkala, S. Clayton, R. E. Lewandowski, E. E. Mayall, B. Wray, C. Mellor, L. Susteren

Cependant, cette étude présente certaines limites. En effet, elle n’est pas totalement représentative de la population des pays. Seules certaines langues ont été utilisées pour l’enquête (anglais, finlandais, portugais, français) ce qui limite considérablement le nombre de jeunes capables de répondre aux questions. Il semble donc probable que les jeunes les plus éduqués aient en majorité répondu à l’étude.

Néanmoins, cette écoanxiété n’empêche pas la jeunesse d’agir et de se mobiliser pour défendre leur planète ainsi que leur avenir sur cette dernière. Cette lutte contre le changement climatique, individuelle ou collective, fait de plus en plus de bruit et parvient, parfois, à influencer les décisions politiques.

Des actions collectives : quelles impacts ?

C’est en 2018 que le mouvement de la jeunesse pour la défense de l’environnement prend un véritable tournant et se transforme en une action collective globale. Un nom devient le symbole de ce mouvement : celui de Greta Thunberg. En effet, âgée alors de 15 ans, cette dernière créé le mouvement mondial des jeunes Fridays for the Future. Ce mouvement consiste en des grèves des étudiants pour le climat les vendredis afin de contester l’inaction des gouvernements face au changement climatique. Après le lancement de ce mouvement, le Guardian estime que ces grèves représentent 70 000 jeunes manifestant pacifiquement chaque semaine dans plus de 270 villes. Toujours actif aujourd’hui, le mouvement détient un rôle central dans l’organisation de la jeunesse. Les 25 et 26 mars 2022, à l’appel du mouvement Fridays for Future, la jeunesse du monde entier s’est mobilisée à nouveau pour le climat. Des marches et des manifestations ont été organisées sur tous les continents à l’occasion d’une grève mondiale pour alerter sur le péril climatique. Si ce mouvement et la figure de Greta Thunberg ne possèdent pas le monopole de la représentation de la jeunesse dans l’espace public à propos des questions environnementales, ils restent néanmoins des moteurs de la mobilisation de celle-ci et de sa visibilité médiatique.

« La sauvegarde de l’environnement est la capacité des jeunes à se remettre au cœur du jeu politique. A partir du moment où on décide d’agir, on agit pour soi, pour les autres et pour l’avenir. C’est affirmé et même scandé. C’est une génération qui impacte, qui réinvente des espaces politiques, met les enjeux climatiques à l’agenda politique, en fait valoir les intérêts et l’urgence. Tout cela bouleverse, de fait, les modes de pensée et de consommation. La jeunesse de l’environnement est diffusionniste » Stewart Chau

 

En France et en Belgique, le mouvement citoyen Youth For Climate s’inscrit dans l’initiative Fridays For Future et a organisé de nombreuses grèves scolaires pour le climat. Présent aussi à Lille, le collectif a appelé à une grève scolaire le vendredi 3 mars ainsi que des manifestations et actions le samedi 4 mars 2023.

Le premier objectif de ces manifestations est de se faire entendre par le reste de la population afin de transmettre aux autres générations le message sur l’urgence climatique. Ces mouvements ont donc accéléré la prise de conscience générale du réchauffement climatique. Mais les jeunes ne s’arrêtent pas là, ils souhaitent aussi influencer les décisions du pouvoir politique afin d’agir à grande échelle sur la pollution émise par les Etats.

En septembre 2021, un premier sommet international « Youth For climate : driving ambition » s’est tenu à Milan. Il a réuni 400 jeunes du monde. Ils ont rédigé de nombreuses propositions pour porter la voix de la jeunesse lors de la COP 26 à Glasgow. Leur objectif est aussi d’entrer en contact avec les syndicats et les travailleurs d’Europe. L’enjeu n’est donc plus uniquement d’alerter mais bien d’influencer l’évolution des sociétés.

« Les jeunes sont adaptables et peuvent rapidement intégrer des styles de vie et des choix de carrière sobres en carbone à leur quotidien. Les jeunes devraient donc avoir la possibilité de participer activement à la prise de décisions aux niveaux local, national et mondial. » Le Secrétaire général de l’ONU en 2008, au cours de la Journée mondiale de la jeunesse.

En France aussi de jeunes activistes se lancent dans la lutte contre le réchauffement climatique comme la française Camille Etienne de 24 ans qui est la porte-parole de « On est prêt ». Ce mouvement lancé en 2018 rassemble des experts, des personnalités, des faiseurs sur le terrain, pour sensibiliser et mobiliser sur les enjeux environnementaux et sociaux à travers des actions digitales massives, l’accompagnement de leaders culturels et la création de vidéos.

Cependant, si ces mouvements ont un réel impact et sont généralement pacifiques, des actions dégradantes voire violentes peuvent aussi être menées. Ainsi, certaines actions plus extrêmes, telles que la dégradation d’œuvres d’art par des activistes écologistes, peuvent avoir des effets pervers. En effet, au-delà d’attirer l’attention sur leurs revendications, ces actes peuvent aussi contribuer à décrédibiliser la cause. Le militantisme écologique risquerait dans ce cas d’être assimilé à des actes délinquants ce qui n’encourage pas les personnes à se mobiliser face au changement climatique.

Enfin, il existe une dernière limite à ces mouvements de la jeunesse pour la défense du climat. En effet, ces derniers permettent rarement des changements concrets dans la politique des gouvernements. Leur impact reste ainsi surtout médiatique plutôt que politique.

« Sans qu’il y ait d’effet direct, ça contribue à générer un changement culturel fort où la question climatique devient incontournable. » Nicolas Haeringer

Pourtant, malgré l’absence de réaction du pouvoir politique, ces actions restent essentielles pour créer une discussion sur les enjeux écologiques et restent pour les jeunes militants un symbole d’espoir : ils ne sont pas seuls dans leur lutte contre le réchauffement climatique et peuvent agir pour changer les choses.

Une jeunesse hypocrite ?

La jeunesse ainsi se mobilise et contrairement à ses ainés comprend l’urgence de la situation climatique. Il faut agir et vite. Les gouvernements doivent ouvrir les yeux, leur politique de greenwashing ne trompe plus personne. Chaque citoyen doit lui aussi changer ses propres pratiques de consommation car tout le monde peut agir à son échelle.

Pourtant, malgré ce discours, d’après une étude du Crédoc, les comportements des jeunes au quotidien ne serait pas bien éloignés de ceux des générations précédentes. Par conséquent, si les jeunes semblent les seuls véritablement conscients de la menace climatique, dans leur quotidien leur comportement et leurs habitudes de consommation sont souvent loin d’être exemplaires. La jeunesse serait-elle hypocrite en critiquant les générations précédentes alors qu’elle-même ne change pas ses pratiques de consommation ? C’est ce qu’affirme une étude du Crédoc publiée en décembre 2019 et intitulée « Environnement : les jeunes ont de fortes inquiétudes mais leurs comportements restent consuméristes ».

Cette étude montre que les jeunes adultes (18-24 ans) ne rompent pas avec le modèle consumériste dans lequel ils ont grandi. A l’inverse, ce sont de grands consommateurs notamment lors des soldes ou pour l’achat de produits innovants. En effet, quand on leur demande pourquoi ils font les soldes, ils sont plus nombreux à répondre que c’est pour acheter plus (30 % contre 18 % en moyenne) que pour faire des économies et 33 % des 18-24 ans sont d’accord avec l’idée qu’ils jettent de manière trop systématique les produits électroniques et produits électroménagers (contre 23 % en moyenne). Enfin, toujours selon cette étude, au quotidien, les jeunes ont des pratiques durables moins fréquentes que la moyenne : ils sont moins nombreux à trier leurs déchets, à acheter des légumes de saison et locaux ainsi que des produits ayant moins d’impact sur l’environnement.

Pourtant, le tableau n’est pas tout noir et sur certains points les jeunes font mieux que leurs ainés. En effet, les jeunes adultes se distinguent par des habitudes plus écologiques en matière de transport : ils privilégient la marche, la bicyclette, les transports en commun, le covoiturage (56% contre 31% sur l’ensemble de la population). Ils sont aussi plus nombreux à acheter d’occasion dans des friperies ou sur des sites de seconde main.

 

Cette étude permet de nuancer les propos tenus précédemment sur la conscience écologique des jeunes. En effet, loin de l’image d’un adolescent activiste qui irait imposer son idéologie à son entourage, les jeunes ont aussi des comportements polluants. Cependant, cette étude ne doit pas remettre en cause l’impact des mobilisations de la jeunesse pour la défense de la planète. En effet, les mouvements tels que Friday for Future ou encore Youth For Climate permettent de donner une visibilité aux enjeux climatiques et amènent une discussion politique sur ce sujet. Les jeunes activistes sont et resteront sûrement le moteur de la lutte contre le réchauffement climatique.

Estelle Bosc

Notes :

  1. Les COP = les Conférences des parties qui sont des réunions annuelles entre les pays signataires de la CCNUCC (La convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques) lors du Sommet de la Terre de Rio en 1992. Ainsi, chaque année, les Etats du monde entier se réunissent pour discuter du cadre d’action de lutte contre le réchauffement climatique. En 2021, la COP26 a abouti au Pacte de Glasgow, le premier accord climatique prévoyant explicitement de réduire sans relâche l’utilisation du charbon. Cependant, les engagements des Etats lors de ces COP sont rarement tenus car il n’existe pas de sanction lorsqu’un accord n’est pas respecté.

 

  1. GIEC = Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat qui évalue l’état des connaissances sur l’évolution du climat, ses causes, ses impacts. Ces experts réalisent un travail de synthèse des études sur le climat et élaborent des scénarios sur les conséquences du réchauffement climatiques dans le futur selon les actions menées par les gouvernements. Ils indiquent aussi des moyens d’atténuer les effets du réchauffement climatique. Le dernier rapport du GIEC a été publié en 2021.

  2. The Lancet Planetary Health : c’est source internationalement reconnue de connaissances cliniques, de santé publique et de santé mondiale. L’étude publiée se présente comme « L’enquête la plus vaste et la plus internationale sur l’écoanxiété des jeunes à ce jour ». Sa méthode consiste en un sondage mené auprès d’un panel de 10 000 jeunes âgés de 16 à 25 ans, répartis dans dix pays dans le monde et choisis pour représenter à la fois le Nord et le Sud, une diversité de cultures, de revenus, et de vulnérabilité au changement climatique.

Sources :

« Sur les traces de Greta : le mouvement mondial de la jeunesse pour le climat », Sara Kheladi, Alternatives non-violentes, 2019, n°193, p.2 à 4

Etude Crédoc : « Environnement : les jeunes ont de fortes inquiétudes mais leurs comportements restent consuméristes », Alina Koschmieder, Lucie Brice-Mansencal, Sandra Hoibian, CREDOC – Consommation et modes de vie, décembre 2019, n°308

Etude The Lancet Planetary Health: « Climate anxiety in children and young people and their beliefs about government responses to climate change: a global survey », Caroline Hickman, Elizabeth Marks, Panu Pihkala, Susan Clayton, R Eric Lewandowski, Elouise E Mayall, Britt Wray, Catriona Mellor, Lise van Susteren, The Lancet Planetary Health, 2021, vol.5

Entretien avec Nicolas Haeringer, Réalisé par Pauline Delage, Anahita Grisoni, La Découverte, 2020, n°103, p.163

« L’inaction écologique est une forme d’abus contre la jeunesse », entretien avec Laelia Benoit réalisé par Marine Miller, Le Monde, 2022

« Transition écologique : les jeunes sont-ils soucieux de l’environnement ? », Lucile Van Der Borght, My Troc Pro, 2022

« La jeunesse a-t-elle pris conscience des enjeux environnementaux ? », e-writers, 2022

Le site de l’Unicef

Le site Reporterre